Sur la Ville, comme ailleurs, la citoyenneté recule face aux logiques de marchandisation pour régler toutes les relations humaines. De moins en moins d’habitants ont recours à l’action collective, à l’action politique, syndicale, associative pour surmonter les difficultés quotidiennes et construire un mieux vivre ensemble. Les logiques d’enfermement dans le quartier, la communauté, la famille, le système D apparaissent plus efficaces pour « s’en sortir ». Le lien principal avec les autres se restreint à la télévision. Les conflits sont moins gérés par le débat citoyen, que par la violence et la capacité à payer son isolement, sa sécurité.
La charte
- Croiser les savoirs pour approfondir la Démocratie
Sur la Ville, comme ailleurs, la citoyenneté recule face aux logiques de marchandisation pour régler toutes les relations humaines. De moins en moins d’habitants ont recours à l’action collective, à l’action associative, syndicale, politique pour surmonter les difficultés quotidiennes et construire un mieux vivre ensemble. Les logiques d’enfermement dans le quartier, la communauté, la famille, le système D apparaissent plus efficaces pour « s’en sortir ». Le lien principal avec les autres se restreint à la télévision. Les conflits sont moins gérés par le débat citoyen, que par la violence et la capacité à payer son isolement, sa sécurité.
Ces situations sont vécues comme un stress par de nombreux habitants qui veulent résister ou qui construisent à leur niveau en tant que consommateurs, que salariés ou chômeurs, que parents, enfants ou jeunes. Ces énergies sont peu connectées entre elles parce qu’elles ne croient plus à une autre manière de faire et de vivre ensemble. Face à cette situation, il n’existe plus de solutions toutes faites et définitives. Seule la recherche d’un approfondissement de la Démocratie peut nous permettre de trouver de meilleurs compromis, d’élever le niveau de consensus, de réduire la violence. Une Démocratie qui s’attacherait à faire vivre l’idéal républicain de liberté, d’égalité et de fraternité. C’est à cet approfondissement que l’université populaire et citoyenne veut contribuer à partir de deux questions :
- Les « cafés-citoyens »
Ils sont organisés et animés par les membres des ERAS dans différents cafés (de préférence disposant d’une « arrière salle ») répartis dans les quartiers de la Ville. Ils sont publics, enregistrés pour être retransmis sur les ondes de Pastel FM. Ils sont préparés par l’ensemble des membres de l’ERAS et animés par deux d’entre eux. Le débat s’organise avec 3 à 5 personnes extérieures à l’ERAS qui ont été proposées et choisies par les membres de l’ERAS. Les café-citoyens doivent d’abord permettre l’expression des personnes déjà en mouvement dans le quartier, qui ont des savoirs (en particulier d’expérience) mais que l’on entend pas ou peu. Les membres de l’ERAS construisent une grille de débat à partir de leurs hypothèses qui sera soumise préalablement aux invités au café-citoyen. Les cafés-citoyens sont organisés au sein de chaque séminaire. - Les séminaires
L’idée de « résidence citoyenne » (court séjour de « chercheurs » à Roubaix) avancée en 2003 semble encore prématurée. C’est pourquoi, une première étape sera la construction d’un programme de séminaires d’une journée.
Ces séminaires sont des temps d’approfondissement de la recherche qui mobilisent les membres de l’ERAS. Un programme est élaboré pour une année et permet d’intégrer de nouvelles personnes intéressées, dans la limite de 24 participants. Les personnes s’y inscrivent préalablement à titre individuel, de simple citoyen. Pour diversifier le profil des participants, chaque membre de l’ERAS pourra « parrainer » une personne de son entourage, de son organisation. Les séminaires se dérouleront systématiquement des vendredis après midis et les samedis matins. Le séminaire est introduit par l’analyse critique de toutes ou partie des hypothèses avancées par l’ERAS par un ou deux « chercheurs » invités, suivie d’une discussion en ateliers et d’une synthèse. Les « chercheurs » devront accepter d’être dans une position de contributeur et d’aide technique à la recherche de l’ERAS au delà de leur compétence spécifique, comme simple citoyen, pour nous aider à imaginer comment construire, infléchir, mettre en œuvre les politiques publiques concernées à l’échelle du local. Chaque fin de séminaire pourrait comprendre un temps de construction des « café-citoyens » avec les participants. Ces séminaires pourraient être au nombre de 3 ou 4 sur un an par ERAS. Il appartient à chaque ERAS de choisir et négocier avec chaque intervenant. - Les conférences débats
La veille du séminaire (les jeudis soir), les chercheurs intervenants dans le séminaire tiennent une conférence publique sur leur approche spécifique sans être liés aux hypothèses de l’ERAS. Cette conférence introduira à la fois le séminaire du lendemain libérera chercheurs et participants de l’enseignement des premiers. Les conférences seraient médiatisée et retransmises en direct sur Pastel FM.
Charte adoptée par l’assemblée générale du 7 mai 2004.