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a) Les pistes de travail à Roubaix
Pour introduire ce débat, quelques données historiques générales sur la ville de Roubaix ont été présentées au regard de la problématique de l’immigration. Roubaix, « cité de laine », est le modèle emblématique de la ville industrielle qui a attirée en son sein, depuis le XIXe siècle, des milliers d’immigrants venus chercher du travail dans les nombreuses fabriques textiles. Bourg rural de 8 000 habitants en 1800, Roubaix a connu tout au long du siècle de la révolution industrielle une croissance démographique exceptionnelle, trois fois supérieure à celle de Paris, pour atteindre, en 1896, près de 125 000 habitants [1].
La situation frontalière de la ville avec la Belgique a favorisé la venue de milliers d’immigrants belges durant ce siècle, à tel point que la population compta plus de 50 % d’étrangers de nationalité belge entre 1876 et 1896. Cette immigration économique de proximité fut relayée, à partir du tournant du siècle, par la venue de frontaliers faisant le chemin du foyer à l’usine chaque jour ou chaque semaine.
Pour la période de l’entre-deux-guerres, peu de données sont connues sur la nature de l’immigration à Roubaix. Nous savons que la croissance démographique de Roubaix a connu un fort ralentissement à partir de 1930 et que l’apport des frontaliers belges resta très important puisqu’il atteignait son record en 1949 (25 000 frontaliers dans l’agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing) avant de se réduire fortement après-guerre (4 300 Belges employés à Roubaix en 1962) [2]. Après-guerre, les frontaliers belges furent progressivement « remplacés » par d’autres travailleurs (ses) : les femmes tout d’abord, venues des cités minières de la région ; les « Algériens » surtout (migrants économiques, réfugiés politiques), puis les Portugais, à partir du milieu des années 1960. En 1962, la ville comptait 9 944 étrangers soit 8,8% de la population. En 1982, ils étaient 20 162 comptabilisés, soit 20,8% de la population [3].
D’autres nationalités sont bien sûr présentes dans la ville, bien que moins étudiées : Polonais, Italiens, Marocains, Tunisiens, ressortissants des pays d’Afrique noire ou de la région du sud-est de l’Asie (Vietnam, Laos, Cambodge), etc. Roubaix s’est ainsi affirmée, au cours des deux derniers siècles, comme une ville d’immigration, avec toutes les problématiques que cela suppose en terme de politique d’accueil, d’intégration et de lutte contre les discriminations.
▪ De quelques causes du racisme…
« Nous avons rencontré l’ennemi, et c’était nous [4] » : les conduites xénophobes, plus ou moins conscientes, qui produisent des discriminations et des formes diverses de ségrégation, interrogent la société d’accueil dans sa capacité à accepter la présence d’étrangers en son sein (rapport à l’altérité) et à gérer les problématiques que pose cette présence (travail, éducation, logement, formation…). Elles questionnent les causes des réactions d’empathie ou de rejet envers les immigrants qui ont scandées l’histoire de l’immigration en France.
Pour ce qui concerne la ville de Roubaix, nous avons présenté quelques causes de ces réactions au cours de l’époque contemporaine comme les manifestations d’hostilité des ouvriers français envers les Belges au XIXe siècle, souvent déclenchées par des problèmes de concurrence économique, et leurs traces dans les chansons populaires (Les pots au burre de Louis PONTIER, 1897) [5] ou encore le poids du localisme et du patriotisme dans la culture ouvrière. Laurent MARTY explique en effet qu’à la fin du XIXe siècle, le monde ouvrier vivait replié sur lui-même, dans un contexte de consolidation du régime républicain et de la création de la frontière entre nationaux et étrangers [6].
Nous avons aussi évoqué le poids des représentations issues du rapport colonial, marquées par l’opposition entre la société européenne « avancée » et les sociétés africaines traditionnelles, dans les rapports sociaux entre autochtones et immigrants issus de l’empire colonial en général et de l’Algérie en particulier. Ces représentations sont notamment véhiculées, dans les années 1950, par la presse [7]. On perçoit ainsi le panel possible des attitudes entre le racisme idéologique (doctrine politique) et des pratiques xénophobes [8] plus ou moins conscientes qui relèvent tantôt de l’ethnocentrisme (fait de prendre sa culture pour centrale et donc, de fait, supérieure aux autres), tantôt de positions défensives.
▪ Syndicalisme, entraide et lutte pour l’accès aux droits
Les modalités selon lesquelles les populations se sont entraidées, ont échangé leurs pratiques et leurs savoirs ou ont lutté ensemble pour l’accès aux droits des étrangers ou la cause des travailleurs sont des thématiques privilégiées par la recherche-action.
Nous avons évoqué lors de cette rencontre deux exemples concernant Roubaix : la naissance et le développement du socialisme à la fin du XIXe siècle sous l’influence des militants belges (Edouard ANSEELE, Edmond VAN BEVEREN) ; l’implication des syndicats français dans la défense des droits des étrangers à partir de l’exploration du fonds d’archives de la CFDT conservé au Centre des Archives du Monde du Travail à Roubaix (création par exemple des commissions régionales des immigrés dans les années soixante, s’intéressant aux problèmes de droit syndical, de logement, d’alphabétisation, de formation professionnelle et également du racisme). Et bien d’autres sujets restent à explorer.
▪ Ségrégations, exclusions : la ville à l’épreuve
Un article de presse de 1967, abordant de front le problème du racisme, a servi de support pour aborder cette thématique. On s’aperçoit en effet à la lecture d’un certain nombre de documents de l’époque que c’est à partir de cette période (fin des années 1960-début des années 1970) que le racisme apparaît comme un réel problème dont on commence à prendre conscience.
L’époque n’est pas neutre. De l’autre côté de l’atlantique, aux Etats-Unis, des émeutes « raciales » mettent à feu et à sang les quartiers noirs des villes américaines. La situation n’apparaît pas aussi radicale à Roubaix mais le contexte outre-atlantique interroge la presse locale, à travers les phénomènes de ségrégation urbaine et la nature des relations « interculturelles » (le sujet ne se pose pas en ces termes à l’époque). La concentration des populations étrangères dans l’espace urbain est pourtant un phénomène ancien à Roubaix. Alexandre FAIDHERBES s’interrogeait déjà en 1896 sur la concentration des immigrants belges dans le quartier des Longues Haies, le « quartier flamand ».
Ce qui apparaît aussi intéressant, c’est de questionner les lieux de rencontre entre autochtones et immigrants dans la ville, d’interroger des personnes qui furent en contact direct avec l’arrivée de populations étrangères comme les médecins, les enseignants.
▪ La Marche contre le Racisme et pour l’Egalité : la bataille pour la citoyenneté
Les années 1980 sont une période très riche, conflictuelle aussi à Roubaix (montée du Front national, chômage…). En novembre 1983, la Marche pour l’Egalité et contre le Racisme, partie de Marseille, passait par Roubaix où un comité de soutien avait été organisé. Un des acteurs de la Marche, Farid LHAOUA, nous a transmis depuis Lyon, à l’automne dernier, un certain nombre de photographies de cet événement.
Il serait intéressant aujourd’hui d’interroger les acteurs de ce mouvement : qui étaient-ils ? Quelles étaient leurs revendications ? Comment ont-ils vécu cette mobilisation citoyenne, politique ? Quels regards portent-ils, vingt-cinq ans plus tard, sur cet événement ? Nous nous interrogeons aussi sur l’histoire de la vie associative et militante à Roubaix, sur le passage de témoin entre les anciennes et les nouvelles générations de militants dans l’éducation populaire.
b) Migrations, mondialisation : le défi d’une histoire partagée [9]
« Dire que les appartenances deviennent des constructions largement choisies désigne des objectifs nouveaux à la politique. Le politique gère moins des rapports forces entre groupes constitués, il est plus créateur de lien social par son action [10] ».
▪ Les enjeux présents de l’histoire de l’immigration en France
L’histoire de l’immigration est un champ de la recherche universitaire qui s’est développé il y a une trentaine d’années en France. Bien que ce sujet ait mis du temps à trouver sa place dans la recherche académique, il existe aujourd’hui un réel dynamisme, un foisonnement de recherches et un renouvellement des problématiques sur une thématique extrêmement large. Au côté des historiens (Gérard NOIRIEL, Pierre MILZA…) ou des sociologues (Abdelmalek SAYAD, Pierre BOURDIEU…), un certain nombre d’associations ont joué un rôle important en France dans le développement de ces connaissances et la légitimation de ce champ de recherche (Génériques par exemple, engagée depuis les années 1980 dans le recensement et la préservation des archives de l’immigration).
Il y a des enjeux politiques forts aujourd’hui autour de ce sujet, illustrés notamment par le débat public actuel autour de l’ « identité nationale », c’est-à-dire autour de la manière dont la société française se pense, se représente et se questionne aujourd’hui. Qui sommes-nous et que voulons-nous ou pouvons-nous faire ensemble ? Ces questions fondamentales se posent aujourd’hui dans le contexte de la mondialisation. Il y a ici une réflexion de fond, passionnante, à mener.
▪ Tracer de nouveaux repères collectifs
Nous avons vu se développer, au lendemain des décolonisations, une critique des récits historiques occidentaux jugés trop ethnocentriques. Aujourd’hui, dans le monde, de nouvelles recherches historiques proposent un regard décentré sur leurs objets, s’intéressant aux interactions entre les sociétés. On s’oriente également vers l’étude des phénomènes dans leur globalité et leur transversalité [11]. En France, l’histoire de l’immigration, de la colonisation, des départements d’outre-mer se développe aussi pour produire un récit plus juste et complet de l’histoire collective de la société française. Tracer de nouveaux repères collectifs, c’est sans doute un objectif que devraient se donner l’écriture et l’enseignement de l’histoire aujourd’hui.
▪ Agir localement : les ateliers d’histoire locale
Les ateliers d’histoire locale développés depuis 2007 par l’Université populaire & citoyenne à Roubaix ont pour but de produire localement des savoirs nouveaux sur l’histoire de la ville, porteurs de sens pour le présent. Il s’agit d’œuvrer pour que l’histoire de l’immigration s’inscrive comme une composante à part entière de l’histoire/mémoire collective.
Actuellement, nous travaillons sur un foyer de travailleurs migrants en réhabilitation et dont les bâtiments seront démolis en fin d’année.
▪ Quel patrimoine pour l’histoire de l’immigration ?
Le patrimoine témoignant de l’histoire de l’immigration en France fait l’objet de quelques protections au titre des monuments historiques, notamment en Seine-Saint-Denis (Hôpital Avicenne, cimetière musulman de Bobigny). Une réflexion, à laquelle nous participons cette année, a été engagée par le Ministère de la Culture dans le contexte de l’ouverture, en octobre dernier à Paris, de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration et, au sein de celle-ci, d’une galerie des dons. Il nous a semblé intéressant de poser la question du patrimoine de l’immigration à Roubaix. Alors que durant les vingt dernières années, l’importance numérique des étrangers dans la ville fut l’objet d’une réelle stigmatisation, on assiste aujourd’hui à un retournement d’image. Roubaix valorise la diversité de sa population, des circuits touristiques sur les traces de cette présence étrangère se développent… Comment est né ce processus ? Quelles en sont les conséquences dans le champ de la culture et de la valorisation du patrimoine ? Ce sont quelques unes des questions que nous nous posons cette année.
La première intervention fut celle d’un responsable associatif roubaisien, oeuvrant dans l’aide aux immigrés maghrébins dans leur recherche d’emploi et dans la formation professionnelle. Les questions qu’il se pose en ce moment sont celles de savoir comment il serait possible de récupérer toute cette documentation sur l’historique de l’immigration maghrébine et autre à Roubaix « pour pouvoir s’enrichir et éventuellement pouvoir l’exposer aux immigrés eux-mêmes ». La deuxième question concernait le droit de vote des étrangers aux élections municipales, nous y reviendrons.
Une habitante du quartier du Pile prit la parole ensuite, pour apporter son témoignage. Roubaisienne de naissance, « issue » de la troisième génération de l’immigration belge, elle a grandi dans un quartier où la population maghrébine était nombreuse. Elle évoque ses souvenirs de la période de la guerre d’indépendance algérienne, des affrontements, de l’OAS, du FLN, etc. Elle a aussi connu les Chevaliers de Roubaix. Elle pense qu’aujourd’hui, on arrive à un moment où il est possible, et souhaitable, de discuter ensemble de ces sujets, surtout pour les enfants. C’est important de parler, dit-elle, « parce qu’il y a des incompréhensions des deux côtés », déjà au niveau du langage. C’est important aussi de rappeler aux enfants qu’ils sont français, qu’ils sont comme tout le monde. On aurait trop tendance à catégoriser les gens ou a opposer les appartenances, à toujours parler des générations précédentes : « alors, quand on est algérien d’origine, on est arabe et les autres, c’est les Français. Je suis désolée, on est tous français, on a tous la même carte (…) ». Elle évoque les discriminations dont ont aussi été victimes les immigrants belges : « ma mère n’a pas pu rentrer à la mairie de Roubaix à partir de l’âge de dix sept ans parce que ses parents étaient belges », dit-elle. Les photos de 1983 sur la Marche lui ont semblé « d’un loin, d’un loin ». Elle parle des Chevaliers de Roubaix qu’elle a connus. Il s’agissait de gens qui étaient « rejetés par la population roubaisienne ». Cet épisode est « digéré » selon elle. Il faut parler des choses même très simples, redit-elle, et Roubaix a le « capital » pour le faire.
J‘interviens à ce moment dans l’échange pour demander s’il apparaît utile en effet de parler aujourd’hui de ces difficultés qui ont marquées l’histoire de la ville de Roubaix (conflits, racisme…), notamment parce qu’une personne m’avait dit un jour qu’il fallait en parler, « reconnaître » ce qui s’était passé et les souffrances que cela avait engendré.
Il y a eut en effet beaucoup de violence à Roubaix, précise alors la dame du Pile, que ce soit au niveau de la guerre d’Algérie par exemple (couvre-feu à l’époque). Les Roubaisiens sortaient d’une guerre, il y avait eu les bombardements : « on a toujours été dans une certaine crainte », dit-elle. Elle ne se souvient pas qu’au lycée (années 1960), il y ait eu un rejet vis-à-vis de la population algérienne mais ajoute que le rejet était plutôt dirigé contre les « pieds-noirs » ; « on accueillait, on était des pauvres entre nous, et ça je crois qu’il ne faut pas l’oublier », ajouta-t-elle.
Un homme d’un certain âge prit ensuite la parole. Il n’était pas d’accord avec le contenu de l’exposé qui avait introduit le débat : « Pour voir la vérité, pour la trouver dans votre exposé, il faut tourner la page, et la vérité est derrière (…). Alors, tout est beau, tout est bien, tout est parfait (…). En vérité, c’est faux ». Le participant invita l’auditoire à circuler dans les rues de Roubaix, de jour comme de nuit, et d’observer. Il évoqua les jeunes, les bandes, les squats, les bagarres, « les roues crevées, les carreaux cassés », les jeunes sortis du système scolaire, le RMI. Il raconta avoir demandé un jour à un de ces jeunes ce qu’il souhaitait et que celui-ci avait répondu : « j’ai arrêté l’école, on ne vient pas vers moi ».
C’est exact, ajouta l’habitante du Pile : « il y a cette délinquance qui nous mine » mais précisa que ces problèmes ne concernent pas seulement Roubaix mais toute la France et pas seulement les quartiers pauvres mais aussi les quartiers bourgeois. Ensuite, elle tenta de parler des difficultés propres aux enfants dont les parents ne parlent pas bien le français et du rejet dont les jeunes « issus » de l’immigration maghrébine sont victimes.
Je pris alors la parole pour tenter de recadrer le débat. La jeunesse évoquée ici, c’est la jeunesse de France et la relation avec l’immigration est faible, sauf à parler de problèmes identitaires spécifiques, des discriminations ou des difficultés vécues par la génération primo arrivante et qui ont trait à la politique d’accueil et d’intégration. Quelles ont pu être les carences de cette politique ? Il faut réfléchir à cela. Et d’ajouter que la délinquance des jeunes est aujourd’hui un problème social, très lié au chômage. « Il faut arrêter de dire que ces jeunes sont des étrangers en France ».
L’homme âgé continua à témoigner d’expériences qui l’ont mis en contact direct avec des actes de délinquance (vol, dégradations). La colère monta, les responsables politiques locaux en prirent pour leur grade, tout comme la justice. Et d’évoquer « les vrais roubaisiens comme moi, qui sont là depuis 70 ans », qui seraient tenter de « vite partir » mais hésiterez à « lâcher la ville ».
Le responsable associatif reprit la parole, en accord sur le fait que ces actes de délinquance sont terribles, surtout pour les personnes âgées, mais précisant que, d’après lui, ces problèmes ne sont pas à notre portée, qu’ils relèvent de l’ « organisation sociale », des conditions de vie, des possibilités de travail et que les discriminations jouent ici un rôle important : « il y a des gens qui sont rejetés dans le travail, il y a une ségrégation dans le travail. Le marché du travail n’est pas à la portée de tout le monde. C’est une bagarre infinie (…) ». Finalement, les problèmes n’ont pas tellement évolué depuis les années 1980, dit-il, « on a les mêmes histoires, on a les mêmes conditions… ».
L’homme âgé reprend. Il parle des premiers immigrés rencontrés, c’était vers 1945 dans le quartier de l’Alma. « Des gars », selon lui, pour qui « on aurait eu envie de rendre service ». Il évoqua alors le souvenir de son père, expert comptable, qui rendait des services aux étrangers (déclaration d’impôt, conseils divers) : « Tout ! Gratuitement ! ». Il raconta que son père, militaire, avait fait la bataille de la Marne, et qu’il y avait laissé une jambe et presque un bras. « Je crois que, pour sa mémoire, je parle », ajouta-t-il. Il parla aussi de son éducation et des valeurs transmises dans le contexte d’une famille nombreuse : la sévérité d’un père respecté, l’ordre, le respect, la politesse, le travail. Et de dénoncer aussitôt le laisser faire, l’« enfant roi », maladies des temps postmodernes.
Le responsable associatif précisa que les problèmes que rencontre la société, c’est à elle, dans son ensemble, de les supporter et de les gérer. Il rappela ici l’importance du droit de vote des étrangers. Voter, c’est avoir une responsabilité, une charge morale, ce n’est pas un avantage ; c’est penser qu’il y a « une vie de la cité à organiser ». Cette éducation est fondamentale en effet. Si les étrangers n’ont que la charge financière (impôt), « on dévie complètement et la société n’est pas juste ».
Eléments de conclusion
De nombreux éléments de réflexion et compréhension ont été exprimés dans cette rencontre. De nombreux sujets se sont aussi entrecroisés et entrechoqués. Ces thèmes (immigration, racisme) restent en effet l’objet de tensions voire de passions qui apparaissent comme le fruit de souffrances vécues et qui témoignent d’inquiétudes générales ressenties par les citoyens vis-à-vis de problèmes sociaux plus larges comme la délinquance, l’éducation, l’évolution des comportements, la « crise morale » comme on dit. Ce débat a permis aussi à ces tensions de s’exprimer, un antidote peut-être à la violence ordinaire.
[1] Louis TRENARD (dir), Histoire d’une métropole. Lille, Roubaix, Tourcoing, Ed. Privat, Toulouse, 1977, p. 360.
[2] Yves-Marie HILAIRE (dir), Histoire de Roubaix, Ed. Westheoek, 1984, p. 309.
[3] Yves-Marie HILAIRE (dir), op. cit, p. 319.
[4] Cliff HUMPFREY, cité par Edgar MORIN dans son Journal de Californie, Paris, Le Seuil, 1970.
[5] Voir Laurent MARTY, Chanter pour survivre. Culture ouvrière, travail et techniques dans le textile à Roubaix (1850-1914), Ed. Léo Lagrange, 1982.
[6] Voir les travaux de Gérard NOIRIEL.
[7] Exemple d’un article de presse de La Voix du Nord, « L’argent gagné en France fera-t-il éclaté le carcan des traditions », 1952 [Arch. Dép. du Nord, 79 J 881 D167].
[8] Attitude qui dénote de l’hostilité à l’égard des étrangers, de ce qui est étranger.
[9] Ce thème fait l’objet à l’Université populaire et citoyenne d’une veille scientifique. Un cycle de conférences et de cours publics est en préparation pour 2009.
[10] Jean VIARD, Etre soi mais ensemble. L’individu et la mondialisation (fragments), Ed. de l’Aube, 2002, p. 35.
[11] Voir notamment le numéro de la revue Sciences humaines consacré à l’ « histoire globale », intitulé « L’autre histoire du monde », n°185, août-septembre 2007.