Université Populaire et Citoyenne à Roubaix

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Compte-rendu du café-citoyen « Du RMI à l'allocation universelle ? »

À la Fal, le mardi 27 février 2007


Les participants

Maurice Gaudiot, Yamina Zouari, Akima Dekhil, Emmanuelle Wattier, Hughes Mourette, Rudy Pischiutta, Dabhia Sabbahé, Fatiha Elabouchi, Alain Chausson, Rabah Mézine, Vincent Boutry.

Ce café-citoyen, en amont de la conférence et du séminaire qui se tiendront les 7 et 8 mars prochains, avait pour objectif de préciser, de resituer le débat sur l’allocation universelle dans notre recherche-action, préciser ensemble nos interrogations.

L’allocation universelle et notre recherche-action

Cette conférence-débat suivie d’un séminaire est le 5ème rendez-vous d’un cycle de conférences élaboré à partir du texte d’offre publique de réflexion. Nous avons pu successivement examiner les limites des dispositifs d’insertion à l’emploi en entreprise, ou dans le secteur public de l’utilité sociale. Efficacité et limites dans leur capacité à lever les discriminations à l’embauche, à créer des situations de véritable choix d’insertion dans des emplois dignes. Notre recherche-action s’est donné pour objet de « bouger la politique de l’emploi à Roubaix », c’est à dire de tenter de mieux équilibrer les dispositifs existants en fonction des besoins du marché du travail sur la Ville. Mais à chaque étape de notre recherche, des citoyens, demandeurs d’emplois, salariés dans le travail social d’insertion, reposent la question fondamentale : « y-a-t-il du travail digne pour tous ? ». A Roubaix, marquée par son chômage massif et persistant, la question se pose avec d’autant plus d’acuité que nous vivons dans un territoire économiquement riche. Après avoir examiné la proposition d’organiser des « marchés transitionnels du travail » aussi baptisé « flexsécurité » (en déc. 06), nous voulons dans la continuité aborder la proposition globale de mise en place d’une « allocation universelle ».

Le livre « L’allocation universelle » Yannick Vanderborght et Philippe Van Parijs

Ce petit livre (coll. Repères, éd. La découverte, 2005) tente de faire le point sur la question de l’allocation universelle.
Les sources historiques de cette idée : l’égale propriété de la Terre ou la fin des libertés de chasse, pêche, cueillete et pâturage, justifieraient une dotation pour tous, un minimum de subsistance pour chacun. Il y a nouveau départ de l’idée d ’allocation universelle en Europe dans les années 80 (surtout aux Pays Bas).

Un revenu inconditionnel versé à tous riches ou pauvres qui viendrait en substitution de certaines allocations et exonérations existantes, garantissant à tous d’atteindre le seuil de pauvreté (650 euros en France). Les chômeurs ne seraient plus stigmatisés comme avec le RMI. Il n’y a pas de contrôle des ressources, ni de contrepartie de travail ou d’insertion. L’allocation universelle est cumulable à tout autre revenu. Les salariés et les employeurs peuvent alors négocier leur activité (niveau de salaire, durée, conditions de travail) avec un filet de sécurité. C’est la fin du travail contraint.L’entreprise peut y trouver une plus grande flexibilité. Le travail même faiblement rémunéré améliore le revenu. Un salaire minimum et un droit du travail peuvent être maintenus. Le financement de l’allocation universelle peut se réaliser par le redéploiement de la protection sociale, l’impôt progressif sur le revenu (les riches paieraient plus qu’ils ne touchent via l’allocation universelle), par une TVA supplémentaire sur certains produits, par une taxe Tobin, ou une écotaxe... L’allocation universelle peut se mettre en place à un niveau national et aujourd’hui au niveau européen.

Les questions et débats

 L’allocation universelle va-t-elle permettre la reconnaissance de la pénibilité de certains métiers ?

 Le minimum de subsistance donné à tous ne risque-t-il pas de créer de l’inflation diminuant le pouvoir d’achat d’autant ?

 Les patrons vont déduire des salaires l’allocation universelle, ça pose problème pour ceux qui gagne un salaire moyen, l’allocation universelle ne se cumulera pas forcément.

 En quoi l’allocation universelle va-t-elle diminuer le chômage ?

 Quelle serait le montant de l’allocation et un pays comme la France peut-elle se le payer ? Tout repose sur la question du financement, sinon pourquoi une si séduisante idée n’est pas mise en oeuvre ?

 L’allocation universelle ne supprime pas les inégalités entre riches et pauvres, elle se contente de les réduire. Il y a quelque chose de choquant à donner une allocation aux riches qui n’en ont pas besoin.

 Il vaut mieux rémunérés les gens pour un travail. S’il n’y en pas assez on peut rémunérer le travail domestique, le travail de parent... Au contraire l’allocation universelle peut éviter de transformer toutes les relations sociales en prestation de service...

 L’allocation universelle a un versant social mais aussi libéral si elle dédouanne de tout autre solidarité, si elle déréglemente complétement le droit du travail.

 Tous les travaux pénibles que l’on voudra encore moins avec une allocation universelle ne risquent-t-ils pas d’être exécutés par une main d’oeuvre immigrée privée d’allocation universelle ?

La préparation du séminaire

Le séminaire démarrera à 9h30, une première partie pourra être un approfondissement de la conférence-débat de la veille, la seconde partie fera le point sur les premiers résultats de notre recherche-action « bouger la politique de l’emploi à Roubaix » notamment suite aux dix « cafés-citoyens » qui se sont tenus dans la ville de décembre à février.

Merci de confirmer votre participation avec ce formulaire en téléphonant au 03.20.82.23.96.

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