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Construire écologique pour changer d'ère !

Le réchauffement climatique

Dès la fin du XIX ème siècle, le suédois Arrhénius a montré que l’augmentation de la quantité de dioxyde de carbone (CO2 - principal gaz à effet de serre) devrait augmenter la température de la planète. Ce scientifique avait noté que la multiplication par deux de la concentration du CO2 dans l’atmosphère provoquerait une augmentation de 4 à 6°C de la température de la Terre.

Depuis près d’une million d’années, la concentration de dioxyde de carbone a varié entre 180 ppm (part par millions) pour l’ère glaciaire et 280 ppm pour les épisodes les plus chauds. Depuis 12000 ans, nous sommes dans une période interglaciaire chaude. En 1850, avant l’entrée dans l’ère industrielle, la concentration de CO2 dans l’atmosphère était de 270 ppm. Aussi, si le cycle restait stable, on pouvait estimer que ce climat pourrait durer encore 18000 ans. Aujourd’hui, la concentration de CO2 atteint un niveau inédit depuis plusieurs millions d’années. Cette concentration est due aux activités humaines.

En 2005, la NASA a estimé que l’augmentation de la température moyenne était de 0,6°C depuis 1940 et de 0,8°C depuis la fin du XIXè. Cette augmentation moyenne n’est pas uniformément répandu dans le Monde. Aussi la France a connu une augmentation de température de 1°C en un siècle.

Seule un cinquième de cette augmentation de la température peut être expliquer par des variations de l’activité solaire. Aussi l’autre cause de cette hausse est donc la concentration de gaz à effet de serre exceptionnelle dans l’atmosphère.

Le GIEC (Groupe International d’Etude sur le Climat) prévoit l’augmentation de 1,4 à 5,8°C d’ici à 2100. La marge entre les prévisions dépend des variations dans les activités humaines. D’autres chercheurs comme David Stainforth (Université d’Oxford) défendent l’idée que la variation pourrait se situer dans une fourchette entre 1,9 et 11,5°C d’ici à moins d’un siècle.

Deux raisons de prendre des précautions sur cette analyse : 1) une minorité des chercheurs continuent à travailler l’hypothèse de causes naturelles (encore non identifiée) à ce réchauffement climatique ; 2) les tenants de l’hypothèse de causes humaines au réchauffement climatique divergent sur les scénarios.

Le réchauffement climatique est l’enjeu le plus critique pour l’humanité au XIXème siècle. Les sociétés humaines sont mal armées pour limiter ses effets. D’une part, les stratégies politiques comme le protocole de Kyoto (entrée en vigueur en fev. 2005) semblent dérisoires face à l’ampleur du phénomène. D’autre part, les solutions techniques sont insuffisantes (énergies renouvelables, etc.) ou non exempte de dangers (nucléaires).

Les conséquences du réchauffement climatique sont identifiées à court ou moyen terme. A court terme, les émissions de carbone ainsi que les autres formes de pollution atmosphérique ont des conséquences importantes sur la santé. Par ailleurs, à moyen terme, nous savons que la température entre l’ère glaciaire était seulement de 4 à 5°C inférieur à notre climat actuel.

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faut identifier les sources d’émissions. Selon les évaluations de J M Jancovici, le résidentiel et le tertiaire représenterait 18% des émissions de gaz à effet de serre. Si l’on considère en plus les dépenses énergétiques liées aux déplacements (éloignement domicile – travail, etc.), nous constatons que ces activités sont un levier important de réduction des émissions de GES et de lutte contre le réchauffement climatique.

L’optimisation énergétique des constructions (ou construction écologique) est un des leviers donc de la réduction des émissions de gaz à effet de serre mais aussi d’une meilleure qualité de vie (santé, harmonie avec l’environnement, etc.) La qualité de la construction doit également s’inscrire dans un programme plus global d’aménagement qui prend en compte les questions de transports et déplacements, de mixité des fonctions (présence de commerces, d’écoles, etc.), de préservations du cadre de vie et du paysage, etc.

Note réalisée à partir de l’ouvrage « Le réchauffement climatique en débat » Frédéric Durand, ed. Ellipses, 2007

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