
Le voisinage découvre à cette occasion un lieu qui restait jusqu’alors invisible à l’oeil du passant. Mais les Roubaisiens de longue date ont sans doute en mémoire le temps où ces bâtiments virent le jour : c’était à la fin des années 1950, en pleine crise du logement, lorsque la municipalité roubaisienne entreprit une opération de rénovation urbaine d’envergure, celle du quartier de la rue Edouard Anseele.
C’est à l’occasion de cette opération de résorption de l’habitat insalubre que le logement des travailleurs étrangers célibataires venus d’Algérie devient un problème publique à Roubaix. Deux projets de construction de foyers pour célibataires sont alors en préparation et évoqués dans la presse locale au cours de l’été 1957. Ils relèvent de l’inititiative de la Sonacotral (foyer prévu rue de Mouvaux) et de l’ADADAFARéli (foyer prévu boulevard de Beaurepaire). L’aménagement de ce dernier s’achève en 1959.
En pleine guerre d’Algérie, le logement des travailleurs Nord-Africains devient un souci majeur des administrations d’Etat en charge de ces questions, ceci pour diverses raisons tant sécuritaires, politiques, que sociales. Des associations subventionnées par le Fonds d’Action sociale voient aussi le jour dans la région à l’image de l’ADADAFARéli (Association d’Aide aux Travailleurs Français d’Algérie de la Région lilloise) dans le domaine du logement des migrants célibataires.
A partir de cette date, 1959, le lieu accueille de nombreux migrants célibataires essentiellement des travailleurs originaires d’Afrique du Nord mais aussi d’Afrique subsaharienne et d’Europe et, à partir des années 1980, des familles asiatiques ayant fuit le génocide cambodgien. L’accueil s’élargit aussi, au gré des années, à des Français (travailleurs pauvres, étudiants, personnes à la recherche d’un emploi...).
En explorant l’histoire de ce lieu à partir de toutes les ressources possibles (archives et témoignages), l’Université populaire et citoyenne souhaite apporter sa contribution au développement de recherches historiques sur l’immigration, réfléchir aussi à la manière dont les représentations sociales de l’immigration agissent aujourd’hui sur les relations sociales et développer une autre manière de penser et de représenter cette dimension constitutive de notre histoire collective.
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Mathilde WYBO
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