Université Populaire et Citoyenne à Roubaix

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Ateliers d'histoire locale

La démarche générale de projet


RAPPEL DES ACTIONS MENEES EN 2005 ET 2006

A partir des échanges de savoirs organisés en 2005, l’ERAS "Culture, mémoire, discrimination" établissait plusieurs constats : celui de la faible place tenue par l’histoire des migrations dans les programmes scolaires et dans les programmes de valorisation du patrimoine, la faible diffusion des projets culturels mémoriels, le constat également d’une représentation négative et/ou misérabiliste qui domine encore trop souvent la figure de l’immigrant, celui, enfin, de la distance qui sépare la population des savoirs nouveaux qui sont produits par l’université essentiellement sur l’histoire de l’immigration, constat appelant la constitution d’une mémoire vivante et son appropriation collective.

Quelques prescriptions sont alors venues s’ajouter : l’histoire de l’immigration est constitutive de l’histoire de France, elle concerne donc tous les citoyens et ne peut être revendiquée par une seule communauté réelle ou « imaginée » ; l’intérêt d’étudier les projets collectifs, les combats politiques ou syndicaux que les immigrés ont portés ou auxquels ils ont participé ; la nécessité, du point de vue méthodologique, d’organiser des temps de médiation pour rapprocher le monde universitaire de la société civile via le développement de recherches mixtes (citoyens, témoins et chercheurs).

En 2006, une série de cafés citoyens a été organisée sur la ville de Roubaix sur les thèmes suivants : La population de Roubaix, avec Chantal Petillon (historienne) ; La guerre d’Algérie à Roubaix, avec Jean-René Genty (historien) et Linda Amiri ; Les enfants récemment immigrés, avec Arnaud Choquet ; Les chibanis dans les foyers de travailleurs migrants, avec Sabrina Kassa ; L’esclavage dans notre histoire, avec Yamina Zouari et Pierre Outterick ; Amédée Prouvost, textile et immigration, avec les anciens salariés de cette usine (en partenariat avec le Musée La Piscine) ; L’histoire de l’esclavage dans l’art, avec Georgia Robin (en partenariat avec le Musée La Piscine).

Au terme de ces échanges, trois pistes de travail furent dégagées :

• La guerre d’Algérie à Roubaix, événement signifiant dans le développement des stéréotypes à l’égard des immigrants d’Afrique du Nord, notamment algériens (étude de l’impact local du conflit sur l’opinion publique…)

• L’implication des travailleurs migrants dans les luttes syndicales, les actions collectives (site envisagé : ancienne usine textile Amédée Prouvost…)

• Un troisième thème a été développé au cours des cafés citoyens en 2006. Il concerne l’histoire d’un foyer de travailleurs migrants (Aréli), créé en 1959, et qui fait aujourd’hui l’objet d’une transformation en résidence sociale, incluant une transformation profonde du bâti puisque les bâtiments d’origine sont appelés à disparaître.

Toutes ces réflexions ont conduit l’Université populaire et citoyenne à développer, en 2007, des ateliers d’histoire locale sur la ville de Roubaix, en lien avec les acteurs institutionnels, culturels et associatifs du territoire.

PRESENTATION GENERALE DES ATELIERS PUBLICS D’HISTOIRE LOCALE

Les objectifs de ces ateliers sont de plusieurs natures.

Ils visent d’une part à l’approfondissement des connaissances de l’histoire de l’immigration à Roubaix, travail incluant des recherches en archives, des recherches documentaires ainsi que la conduite d’enquêtes orales. Travailler sur l’histoire d’un événement ou d’un lieu permet, par le recueil et le croisement des souvenirs individuels, de construire un savoir complexe, de confronter différents points de vue, de développer de la compréhension sur les conduites des acteurs sociaux, d’échanger des expériences.

Ces ateliers visent d’autre part à impliquer la population dans l’élaboration de ces connaissances (depuis le choix des thèmes de recherches jusqu’à la synthèse et la valorisation des travaux).

Il s’agit de travailler en partenariat avec les acteurs associatifs de la ville (en particulier les centres sociaux) pour organiser des temps de travail et/ou de rencontres dans les quartiers. Selon les contextes locaux, nous essayons de mobiliser un public jeune (15-18 ans) ou adulte.

Des interventions de chercheurs (historiens, sociologues…) doivent venir compléter le dispositif de construction de savoirs partagés, par l’apport de connaissances de type universitaires, par une mise en perspective et une problématisation plus générale des questions qui occupent les ateliers. Il est également recherché une véritable mise en débat des sujets, une implication des citoyens et un échange réciproque avec les chercheurs.

La capitalisation et la valorisation des travaux s’effectuent à travers la publication semestrielle des Cahiers de l’UPC (environ 30 pages), la mise en ligne sur le site Internet de l’association de synthèses intermédiaires , des conférences … D’autres pistes sont explorées : émissions de radios, production d’un CD accompagnant les Cahiers de l’UPC…

LE FOYER ARELI A ROUBAIX

Les ateliers d’histoire locale ont pris pour objet, en 2007, un foyer de travailleurs migrants situé 27 boulevard Beaurepaire à Roubaix (59), géré par l’association Aréli et actuellement en réhabilitation. Les batiments d’origines (deux immeubles collectifs datant de 1959) seront démolis fin 2008.

Le but du projet est, dans un premier temps, de documenter ce lieu, de réaliser une notice historique la plus complète possible à partir des archives existantes (travail impliquant une démarche de repérage, de collecte et éventuellement de sauvegarde des archives privées), de recueillir des témoignages, de réaliser une campagne photographique. L’ensemble de ces documents ont vocation à être versés dans un dépôt d’archives publics. D’autre part, nous souhaitons réaliser en fin de projet un livret-cd afin de valoriser tous ces documents et témoignages.

La démarche de collecte devra mettre l’accent sur la dimension collective de l’histoire vécue et veiller à assurer une confrontation des points de vue des différents acteurs socio-historiques. Un des principes est de veiller à tenir ensemble mémoires « populaires » et mémoires « de l’immigration », éléments qui se recoupent bien souvent.

Un partenariat a été développé depuis 2007 avec le centre social Moulin-Potennerie, l’association Génération Projets (participation de huit jeunes roubaisiens âgés de 15 à 19 ans), avec le soutien de l’association Aréli (gestionnaire du foyer). Les ateliers impliquant le groupe sont organisés entre deux à trois fois par mois en moyenne.

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