Université Populaire et Citoyenne à Roubaix

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Restituer la place des immigrants dans l'histoire

L’immigration en France a commencé à partir du milieu du XIXe. Elle a joué un rôle fondamental en permettant la constitution d’un prolétariat pour alimenter l’industrialisation massive. Certaines régions ont vu leur population augmentée de manière vertigineuse pour les besoins de l’industrie. Au début du XIXe, Roubaix était un bourg rural comptant 8000 habitants. Moins de 100 ans plus tard, c’est 125000 habitants qui peuplent la ville, soit 1440% d’augmentation. En 1891, Roubaix est la 10ème ville la plus peuplée de France. Au recensement de 1872 et 1886, les étrangers constituent plus de 50% de la population.

Depuis son développement économique, la France n’a jamais cessé de s’alimenter en main d’œuvre, dans des pays étrangers et pourtant, le rapport à l’étranger a toujours été problématique. De manière récurrente, la figure de l’étranger et de l’immigré cristallise les questionnements sur l’identité nationale. Quelque soit sa religion, les conditions de sa migration, etc., l’immigrant est l’objet de xénophobie jusqu’à des violences extrêmes. Par exemple, l’antisémitisme en France a été fortement lié à la question de l’immigration, notamment des pays de l’est. La question de la religion et de la neutralité des espaces publics a été également sans cesse réalimentée par les vagues d’immigration successives. Les débats actuels ne sont donc pas inédits et la recherche historique aurait fort à nous apprendre sur les mécanismes qui amènent de telles crispations.

Quand on lit l’histoire enseignée à l’école, les travaux de recherche, ou les grands récits, force est de constater que l’immigration y est présente comme une question anecdotique ou marginal. Elle n’est en aucun cas présentée comme constitutive du fait national français. Où sont passés ces gens venus d’ailleurs ? Que restent-ils de leurs histoires ? Pourquoi n’appartiennent-ils pas à la mémoire commune ?

Nous souhaitons engager un travail de réappropriation collective de cette histoire. Aujourd’hui, il existe une histoire des grands hommes de la ville, une histoire des arts et métiers du textile, une histoire du travail, des commémorations etc. Faire une histoire vivante des gens qui ont construit cette ville est un devoir civique et un moyen de questionner aujourd’hui la stigmatisation dont sont l’objet les immigrants et de leurs enfants.

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