
Depuis son développement économique, la France n’a jamais cessé de s’alimenter en main d’œuvre, dans des pays étrangers et pourtant, le rapport à l’étranger a toujours été problématique. De manière récurrente, la figure de l’étranger et de l’immigré cristallise les questionnements sur l’identité nationale. Quelque soit sa religion, les conditions de sa migration, etc., l’immigrant est l’objet de xénophobie jusqu’à des violences extrêmes. Par exemple, l’antisémitisme en France a été fortement lié à la question de l’immigration, notamment des pays de l’est. La question de la religion et de la neutralité des espaces publics a été également sans cesse réalimentée par les vagues d’immigration successives. Les débats actuels ne sont donc pas inédits et la recherche historique aurait fort à nous apprendre sur les mécanismes qui amènent de telles crispations.
Quand on lit l’histoire enseignée à l’école, les travaux de recherche, ou les grands récits, force est de constater que l’immigration y est présente comme une question anecdotique ou marginal. Elle n’est en aucun cas présentée comme constitutive du fait national français. Où sont passés ces gens venus d’ailleurs ? Que restent-ils de leurs histoires ? Pourquoi n’appartiennent-ils pas à la mémoire commune ?
Nous souhaitons engager un travail de réappropriation collective de cette histoire. Aujourd’hui, il existe une histoire des grands hommes de la ville, une histoire des arts et métiers du textile, une histoire du travail, des commémorations etc. Faire une histoire vivante des gens qui ont construit cette ville est un devoir civique et un moyen de questionner aujourd’hui la stigmatisation dont sont l’objet les immigrants et de leurs enfants.