Université Populaire et Citoyenne de Roubaix
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La plateforme de constitution du Collectif de l’Union

Pour le droit à changer d’ère

Les villes de Roubaix -Tourcoing et Wattrelos sont profondément marquées depuis plus d’un siècle par la
culture industrielle du textile. Cette industrie a produit d’importantes richesses au prix d’une misère
sociale et économique constante pour de nombreux ouvriers que l’on a fait venir de plus en plus loin
avant de déplacer les usines vers d’autres régions du monde. Localement les industriels se sont
reconvertis dans la grande distribution et la finance ou se sont spécialisés sur les « textiles innovants »,
laissant derrière eux beaucoup d’ouvriers sans emplois et de nombreuses friches industrielles polluées.
La reconversion industrielle constitue un droit pour les populations qui ont fourni la main d’oeuvre de ces
industries.
Nous savons que trop souvent les sites en reconversion sont considérés comme des terrains disponibles
qu’il faut remplir d’activités venues d’ailleurs qui ne bénéficient qu’à la marge à la population des
quartiers. Trop souvent les actions de rénovation urbaine entraînent un changement de population
déplaçant plus loin les zones de relégation. Il existe un risque que le canal constitue la frontière entre le
nouveau quartier « riche » et les anciens quartiers « pauvres ». Selon nous, tout l’enjeu du projet de
l’Union sera de réussir à apporter des réponses crédibles à deux questions :

- Comment mettre au centre du projet la population locale, celle qui a le droit à une reconversion ?

- Comment réaliser un changement culturel pour sortir de l’ère industrielle textile pour rendre accessible à
tous une économie basée sur la connaissance et un développement durable ?

Un nouveau projet pour sortir l’ère industrielle textile.

Dix ans pour une "maitrise d’usage locale" dusite.

Le coeur du projet de l’Union doit être de développer
une stratégie de sortie de l’ère industrielle textile. Cette
stratégie viserait à l’émergence d’une « maîtrise
d’usage » locale du site pour créer un espace de
construction de projets par la population locale. Une
telle stratégie pourrait reposer sur deux actions visant
à initier un changement culturel et une maîtrise
d’usage locale : transformer la zone en parc de loisirs
culturels et sportifs ; construire un vaste programme
d’habitat social sur la zone. Ces actions visent à
permettre une réelle appropriation de l’espace par la
population. Elles ne se situent pas en premier lieu sur
le terrain de la création d’entreprises privées

difficilement accessible à une population ouvrière mais
sur le terrain de l’action d’intérêt général, de la vie
associative et de l’accès au logement, plus facile à
saisir parce mieux maîtrisé par des politiques
publiques. Nous proposons que soit mis en place un
dispositif d’animation et des moyens afférents garantis
pour une période de dix ans, jugée nécessaire pour
véritablement induire des logiques d’appropriation. Ce
dispositif pourrait prendre la forme d’une « agence de
développement » constituée d’une équipe de
professionnels (détachés ou non de leur
administration) sélectionnés pour leur qualité
d’animateurs et de médiateurs de projets pour réussir à
tisser des réseaux, rechercher des moyens, organiser
des concertations, mobiliser les énergies.

Transformer l’union en un vaste parc de
loisirs, culturels et sportifs.

Dans cette période de dix ans, ce que l’on appelle la
« gestion provisoire » dont l’action se cantonne à
quelques opérations de verdissement et
d’embellissement devient pour nous stratégique. La
« gestion provisoire » devient une première étape de
l’appropriation de la zone par les actions d’animation
que l’on peut y entreprendre sans attendre, par les
travaux et les emplois que cela peut générer. La
qualité des actions entreprises durant cette période
dite de « gestion provisoire » doit permettre une
montée en qualification de la population et donc du
territoire.

Nous proposons que partout où cela est possible, en
lien étroit avec les villes et les acteurs associatifs
locaux : de réintroduire de la Nature avec une diversité
de plantations et de paysages ; de créer des circuits de
promenades, de visites alliant nature et le patrimoine ;
de tirer partie des lieux (notamment le site TERKEN)
pour y implanter et organiser des activités sportives et
culturelles populaires (pêche, escalade, natation,
patinoire, expos, concerts, fêtes, ateliers, restauration,
débats…). L’enjeu de ces actions sera d’associer la
population à leur fabrication et pas seulement à leur
consommation. Ces activités pourront aussi générer
des emplois.

La pérennisation de la « brigade verte » mise en place
par le syndicat des pêcheurs nous semble être une
priorité comme premier élément d’un dispositif
d’animation.

Un programme de logement social accessible aux familles des quartiers.

Les difficultés de logement dans les quartiers
populaires sont graves. Les situations de cohabitation
de jeunes adultes dans leurs familles se prolongent
faute d’autres solutions. Les constructions de
logements neufs sur la zone de l’Union peuvent
constituer un signe fort pour répondre aux difficultés de
logement des quartiers populaires tout en renforçant
l’appropriation de la zone par la population locale.

Nous proposons qu’une proportion significative de 50%
des logements construits sur la zone soit du logement
social accessible aux populations ouvrières des
quartiers. Des petits collectifs « d’habitat groupés »
mutualisant des services et des espaces, élaborés dès
l’origine avec les futurs habitants pourraient être
expérimentés. Il s’agit de concevoir des logements
HQE (Haute Qualité Environnementale) à faible coût
de construction et d’utilisation. Une telle démarche
innovante pourrait être ferment de communautés de
projets et d’animations de la zone.

Sur les projets en cours

Une haute qualité sociale et environnementale dans et autour d’ "UPTEXT"

Poursuivant l’histoire du textile et de sa reconversion,
le projet de l’Union veut développer de la richesse et
on l’espère, de l’emploi en re-localisant et en
renforçant encore la recherche sur des textiles
techniques et innovants. L’Etat et nos Villes ont donc
décidé de co-financer avec des fonds publics le projet
baptisé « Uptext » porté par l’Union des Industries
Textile. Autour de ce projet phare, d’autres projets
économiques sont (re)localisés sur l’Union tels qu’un
centre de vente à distance, une ruche d’entreprises, un
pôle de l’image. L’ensemble de ces projets devrait se
concrétiser dans les trois ans à venir et devrait
entraîner d’autres implantations notamment de
sociétés de services. De plus la volonté affichée est de
créer un véritable quartier avec des logements, des
équipements scolaires, sportifs, du commerce de
proximité…

Pour chacun de ces projets et pour tout autre
implantation d’entreprise notamment sur le site de LA
TOSSEE, nous demandons de participer à la mise en
place et au suivi de critères de haute qualité sociale et
environnementale. Nous porterons une attention
particulière à l’intégration et la lutte contre les
discriminations de la population locale. Nous
demandons la même qualité sociale et
environnementale dans les relations tissées par les
futurs acteurs de l’Union avec l’ensemble du territoire
de l’agglomération et au-delà.

Le canal : un lien plutôt qu’une frontière.

Le canal rénové parce qu’il constitue un lien fort entre
le passé et le présent, entre la ville et la nature,
symbolise le mieux l’idée d’une reconversion ancrée
dans une histoire et un territoire, tournée vers une
qualité de vie, une « tranquillité » pour tous. C’est
donc autour de cet axe de communication lisible par
tous que doit se construire le projet d’aménagement de
l’Union. Aujourd’hui l’attrait du canal est largement
diminué par la proximité du boulevard urbain et
l’important trafic routier qu’il génère.

Nous proposons donc de dégager le plus possible le
canal des nuisances du boulevard urbain sur la berge
sud. Compte tenu du projet de passage du boulevard
sous le canal au pont des Couteaux, nous demandons
que soit étudiée la possibilité de réaliser un tronçon de
boulevard en « tranchée couverte » afin de délester le
trafic de transit, ne maintenant en surface que le trafic
de desserte. Un tel aménagement permettrait
d’améliorer la qualité environnementale du site tout en
rapprochant la partie roubaisienne de la partie
tourquennoise de l’Union.
De même, dans une logique d’animation autour du
canal, le passage des bateaux sous le pont des
Couteaux devrait pouvoir se faire sans ponts levis. Le
positionnement du plan d’eau devant le CETI(Centre
d’Etudes des Textiles Innovants) c’est-à-dire des
immeubles de bureaux ne nous semble pas le plus
opportun.

Le 17 novembre 2005

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